De nombreux chiffres et statistiques ont été publiés concernant le marché de l’immobilier de 2024. Jusqu’à présent, le principal constat est que le marché a montré des signes positifs de reprise. Plus précisément, le nombre de transactions immobilières sur l’île de Montréal a augmenté d’environ 14% depuis le début de l’année, ce qui indique une hausse de la demande. Parallèlement, l’offre a également suivi, avec une augmentation de 15% des nouvelles inscriptions, ce qui donne davantage de choix aux acheteurs et stimule l’activité du marché.
Malgré cette croissance, les prix sont restés relativement stables en raison de l’adéquation entre l’offre et la demande. Le prix médian des unifamiliales n’a augmenté que de 2%, tandis que les propriétés à revenus ont connu une hausse de 6%. Les copropriétés se situent entre les deux, avec une augmentation de 4%. Dans ce contexte, la récente baisse des taux d’intérêt par la Banque du Canada a-t-elle alimenté cette activité? La réponse n’est pas si simple.
L’impact des baisses de taux sur le marché
Les baisses de taux de la Banque du Canada qui font la une, influencent les taux hypothécaires variables (présentement autour de 6%), alors que les taux fixes restent plus attractifs à environ 4,6%. En raison de cette disparité, de nombreux acheteurs continuent d’opter pour des hypothèques à taux fixe, ce qui limite l’impact immédiat de la baisse des taux variables sur le marché. En outre, il faut souvent jusqu’à six mois pour que les effets d’une baisse de taux se fassent sentir sur l’économie, ce qui signifie que nous pourrions ne commencer à voir son impact sur le secteur immobilier que plus tard dans l’année ou au début de l’année prochaine.
Que pourrions-nous présager pour la suite?
Si la baisse des taux d’intérêt continue de stimuler l’économie dans son ensemble, permettant ainsi à davantage d’acheteurs d’entrer sur le marché immobilier, nous pourrions assister à une nouvelle augmentation de la demande et du volume des ventes. Dans ce scénario, si le nombre de nouvelles inscriptions se stabilise, cette demande accrue pourrait exercer une pression à la hausse sur les prix. Avec moins de projets de construction à l’horizon, si l’offre reste statique, cette augmentation des prix pourrait devenir une tendance à long terme.
À l’inverse, si les propriétaires qui se sont abstenus de vendre en raison de l’incertitude liée à la pandémie et de la faiblesse du marché en 2023 inondent soudainement le marché de nouvelles inscriptions, nous pourrions assister à l’effet inverse. L’afflux de nouvelles propriétés pourrait dépasser la demande, ce qui atténuerait la pression sur les prix et pourrait refroidir le marché.
Des perspectives stables, pour l’instant
Jusqu’à présent, malgré les changements brusques de taux d’intérêt, le marché est resté stable. La croissance que nous avons observée semble reposer sur des bases solides. Il sera intéressant d’observer l’influence des baisses de taux sur le marché au cours des prochains mois.
Comme toujours, nous vous tiendrons informés de l’évolution de ces changements.
