
Comment interpréter les chiffres?
Un marché immobilier se divise en trois catégories selon son niveau d’inventaire:
Moins de 8 mois d’inventaire de propriétés sur le marché est considéré comme un marché de vendeurs, où ceux-ci ont l’avantage.
Entre 8 et 10 mois d’inventaire, on parle d’un marché équilibré, où acheteurs et vendeurs sont sur un pied d’égalité.
Enfin, un marché avec plus de 10 mois d’inventaire favorise les acheteurs, leur permettant de négocier plus efficacement.
À noter que, pour chaque secteur, tous les types de propriétés sont regroupés sous une même catégorie. Cela signifie que si, pour un secteur donné, les propriétés unifamiliales se trouvent dans un marché favorable aux vendeurs, et que d’autres types de propriétés, comme les immeubles à revenus, se trouvent dans un marché d’acheteurs, le secteur dans son ensemble se retrouvera dans une situation intermédiaire.
Des chiffres stables au 1er trimestre
Les indicateurs actuels présentent un marché stable, avec un léger avantage pour les vendeurs dans la plupart des secteurs. Par exemple, Westmount et Ville-Marie se trouvent dans un marché d’acheteurs, tandis que des secteurs comme Brossard et Verdun demeurent dans un marché de vendeurs. Cette situation ne diffère pas tant de ce que nous avons observé l’an dernier.
Ce que ces chiffres ne montrent pas.
Une dynamique intéressante se dessine actuellement sur le marché immobilier. Nous observons certaines similitudes avec le marché pendant la pandémie. Bien que plusieurs facteurs d’ordre global, tels que les tarifs douaniers et les guerres commerciales, devraient inciter acheteurs et vendeurs à la prudence, nous observons au contraire une activité soutenue.
Pour Montréal, nous observons une hausse de 16% des ventes cette année (la demande) par rapport à l’an dernier, ce qui reflète un appétit accru des acheteurs pour l’immobilier. De plus, une augmentation de 15% des nouvelles inscriptions sur le marché (l’offre), démontre que les vendeurs restent prêts à participer au marché. L’activité des acheteurs et vendeurs est presque à égalité, avec une demande qui dépasse légèrement l’offre chaque semaine, entraînant une hausse des prix médians dans toutes les catégories: +3% pour les maisons, +5% pour les condos et +10 % pour les immeubles à revenus, ce qui reste raisonnable. À noter que l’augmentation annuelle des prix médians est en baisse et que les immeubles à revenus n’ont pas performé aussi bien l’an dernier.
Pour l’ensemble de la province, en revanche, le rapport de force n’est pas égal et commence à illustrer la direction que le marché pourrait prendre. Les ventes ont augmenté de 14% (la demande), mais les nouvelles inscriptions n’ont progressé que de 10% (l’offre), créant un déficit de 4% dans l’inventaire total. Cela a entraîné une hausse des prix médians de 10% pour les maisons, 7% pour les condos et 20% pour les immeubles à revenus. Cela démontre ce qui se produit lorsque l’offre et la demande commencent à diverger considérablement.
Attention au piège des taux bas, et que présager pour le reste de l’année 2025?
Dans un marché dynamique où des forces s’opposent, la situation pourrait facilement basculer dans un sens ou dans l’autre.
Dans le cas de Montréal, où l’offre continue à être aussi importante que la demande, cette réalité n’est pas le cas pour le reste de la province.
Il est important de ne pas sous-estimer l’impact des taux d’intérêt bas, car si la demande continue de dépasser l’offre, comme ce fut le cas pendant la pandémie, cela pourrait entraîner une flambée des prix de vente, une perte d’accessibilité, l’inflation… Ce phénomène pourrait pousser les vendeurs à retenir leurs biens, dans le but de préserver leur « actif en appréciation », ce qui ne ferait qu’aggraver le déséquilibre.
Contexte actuel
Au regard du contexte actuel, si les taux devaient baisser à nouveau, cela pourrait engendrer un scénario plus critique que positif.
À ce jour, au Québec, le marché semble assez dynamique et n’a pas besoin de stimulation supplémentaire.
Un déséquilibre entre l’offre et la demande, causé par des taux bas et une construction neuve limitée, pourrait facilement le provoquer une surchauffe.
Tout ceci pourrait évoluer rapidement, mais n’ayez crainte, en tant que votre ressource immobilière fiable, nous vous tiendrons informés.
