Au cours des dernières semaines, les tensions géopolitiques au Moyen‑Orient, notamment le conflit en Iran, ont accru la volatilité des marchés financiers mondiaux. L’un des effets secondaires a été une légère hausse du coût des fonds pour les prêteurs, ce qui s’est traduit par une augmentation modeste des taux hypothécaires fixes dans certaines banques canadiennes.
Pour de nombreux acheteurs, une variation de 0,25 % à 0,50 % des taux hypothécaires n’aura pas d’impact significatif sur leurs projets. Mais pour les premiers acheteurs, même de faibles hausses peuvent avoir des conséquences importantes. Pourquoi ? Parce qu’ils achètent souvent au-delà de leurs moyens réels Ils arrivent sur le marché sans valeur nette immobilière significative et doivent compter presque exclusivement sur leurs revenus et leur épargne pour se qualifier. Dès que les taux augmentent, leur capacité d’emprunt diminue.
Concrètement, une hausse modeste des taux peut réduire le pouvoir d’achat d’un acheteur de 15 000 $ à 25 000 $. Cela peut paraître peu dans un marché où les propriétés se vendent régulièrement à plus d’un million de dollars. Pourtant, cette différence est considérable pour une personne qui cherche une propriété dans une fourchette de 350 000 $ à 500 000 $, un segment où l’inventaire est déjà limité.
L’assurance hypothécaire: un facteur aggravant
La plupart des premiers acheteurs ne disposent pas d’une mise de fonds de 20 % et doivent donc souscrire une assurance prêt hypothécaire auprès d’organismes comme la SCHL. Or, les taux associés aux prêts hypothécaires assurés ont connu les hausses les plus marquées au cours des derniers mois. Ainsi, ce sont souvent les acheteurs qui dépendent de ces produits qui ressentent les premiers les effets des changements de marché.
La confiance des consommateurs: un autre élément clé
Les taux d’intérêt ne représentent toutefois qu’une partie de l’équation. La confiance des consommateurs et la sécurité d’emploi jouent aussi un rôle important. Un acheteur qui doit faire un effort financier considérable pour sa première propriété pourrait reporter son projet s’il s’inquiète de l’incertitude économique ou de la stabilité de son emploi. Pour l’instant, rien n’indique un affaiblissement généralisé du marché lié à une baisse de confiance.
Une résilience québécoise à souligner
Le marché immobilier québécois a démontré une résilience remarquable malgré les fluctuations des coûts d’emprunt. La demande reste soutenue dans plusieurs segments, particulièrement là où l’offre de logements est limitée. Même si des taux plus élevés peuvent écarter certains acheteurs, ils n’ont pas fondamentalement changé le désir à long terme des Québécois de devenir propriétaires.
Les premiers acheteurs, premiers touchés
Quand les conditions économiques évoluent (taux d’intérêt, inflation, événements géopolitiques), les premiers effets se font généralement sentir aux marges du marché. Les premiers acheteurs sont souvent les plus sensibles, car ils disposent de moins de flexibilité financière.
À l’inverse, les acheteurs qui possèdent déjà une propriété, qui ont accumulé une valeur nette importante, reçu un héritage ou qui bénéficient d’une mise de fonds plus élevée sont généralement moins touchés par les variations modestes des taux. Leurs décisions d’achat sont davantage motivées par des changements de mode de vie et une planification à long terme que par de légères fluctuations des coûts de financement.
