Le mois dernier, un de nos clients m’a demandé de participer à une vidéo promotionnelle pour le saut à l’élastique qu’il a construit dans le Vieux-Port de Montréal.
Toujours heureux d’aider un client, je suis resté à l’écoute, sauf qu’il y avait un petit problème: j’ai une peur bleue des hauteurs. Au point où, lors des visites de condos, je reste à l’intérieur pendant que tout le monde profite de la vue sur le balcon.
Alors quand la demande est arrivée, chaque fibre de mon corps criait « NON! »… mais à ma grande surprise, j’ai accepté de relever le défi.
Nous étions mercredi, et l’événement aurait lieu le vendredi de la même semaine.
À noter qu’il s’agit d’un saut 210 pieds de hauteur, soit le plus haut saut à l’élastique au Canada.
Le jour J est arrivé beaucoup trop vite!
Debout sur la plateforme, je remettais sérieusement en question toutes les décisions qui m’avaient mené jusqu’ici.
Le client souriait, son équipe m’encourageait, la caméra tournait pendant que mes jambes enclenchaient une procédure de divorce avec le reste de mon corps.
Je devais dire une phrase à la caméra, puis sauter à reculons.
Prise 1 : Je dis la phrase, et, au moment du saut, je fige complètement et reste planté sur la plateforme… (voir la vidéo ci-dessous)
Prise 2 : Je me motive, je redis la phrase, je crie « F*** it!», et je me propulse dans le vide!
Les premières secondes ont été une panique complète, mais, trop rapides pour avoir le temps de regretter quoi que ce soit.
Puis, simultanément, l’excitation a pris le dessus.
Être suspendu, en chute libre, m’a procuré une étrange sensation de plaisir. Simple, pur, presque enfantin.
Quelque part entre le dernier cri et le premier rebond… la peur a disparu.
J’ai réalisé que la « peur » est souvent plus effrayante en pensée, qu’une fois qu’on la vit réellement
Est-ce que le saut a guéri ma peur des hauteurs?
Absolument pas.
Mais maintenant, je sais que parfois, les meilleurs moments arrivent juste après avoir fait quelque chose qui nous terrorise complètement.
